507 heures intermittent : comment les compter et ne pas rater sa réadmission
Le seuil de 507 heures est la pierre angulaire du régime d'intermittence. C'est le nombre d'heures que tout intermittent du spectacle doit justifier pour ouvrir ou renouveler ses droits à l'assurance chômage. Pourtant, beaucoup d'intermittents ne savent pas exactement quelles heures comptent, dans quel délai elles doivent être réalisées, ni comment éviter les erreurs de décompte qui peuvent coûter une réadmission.
Cet article vous explique tout, point par point.
Pourquoi 507 heures, et pas plus ou moins ?
Le seuil de 507 heures est fixé par les annexes 8 et 10 de la convention d'assurance chômage. Ce chiffre n'est pas arbitraire : il a été négocié entre les partenaires sociaux (syndicats d'employeurs et de salariés du spectacle) pour refléter la réalité d'une activité par nature fragmentée, faite de cachets ponctuels et de contrats courts.
Il ne s'agit pas de 507 heures par an, mais de 507 heures sur une période de référence de 12 mois précédant la date de fin de contrat de travail (ou la date de dépôt du dossier à France Travail, dans certains cas).
Quelles heures entrent dans le décompte ?
C'est ici que beaucoup d'intermittents font des erreurs. Toutes les heures de travail ne sont pas automatiquement comptabilisées.
Les heures qui comptent
Sont prises en compte dans le calcul des 507 heures toutes les heures effectuées en tant que salarié du spectacle, dans le cadre des annexes 8 et 10 :
- Les heures de prestation (concert, tournage, représentation, répétition…)
- Les heures d'atelier, de formation professionnelle liées à l'activité artistique ou technique, lorsqu'elles sont rémunérées par un employeur du spectacle
- Les heures assimilées : périodes de maladie, congés maternité ou paternité, accidents du travail. Sous conditions, ces absences peuvent être prises en compte comme si les heures avaient été travaillées
Les heures qui ne comptent pas
- Les heures effectuées en dehors du champ du spectacle (emploi dans un autre secteur, etc.).
- Les heures mentionnées sur les factures d'une activité micro-entrepreneur ne s'ajoutent pas au compteur des 507h
- Les heures de bénévolat ou de pratique amateur, non rémunérées par un CDDU (Contrat à Durée Déterminée d'Usage)
Cachets et conversion en heures : les règles à connaître
La grande particularité du spectacle est que la rémunération peut être exprimée en cachets plutôt qu'en heures réelles. La convention collective prévoit des règles de conversion :
| Annexe | Type | Conversion |
|---|---|---|
| Annexe 8 (techniciens) | Contrat d'une journée | 8 heures |
| Annexe 10 (artistes) | Cachet de représentation | 1 cachet = 12 heures |
Ces conversions peuvent paraître avantageuses, mais elles peuvent aussi surestimer vos heures réelles si vous travaillez moins de 8 ou 12h dans la journée, et sous-estimer certaines longues journées de plateau. Dans tous les cas, ce sont ces équivalences officielles qui sont retenues par France Travail.
Bon à savoir : iPresta applique automatiquement ces conversions dès la saisie de vos contrats, qu'ils soient en heures ou en cachets.
La période de référence : 12 mois, mais lesquels ?
Les 507 heures doivent être réalisées dans une période de référence de 12 mois consécutifs, qui se clôt à la date de fin de votre dernier contrat de travail.
Exemple concret :
- Votre dernier contrat se termine le 30 septembre 2026
- France Travail examine vos heures entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026
- Si vous avez cumulé 507 heures ou plus dans cette fenêtre, vous êtes réadmis
Cette fenêtre glissante signifie qu'un contrat signé il y a 13 mois ne compte plus, même s'il était dans votre secteur. C'est pourquoi il est crucial de suivre l'évolution de votre compteur en temps réel, et pas seulement en fin de période. Il existe cependant des situations dans lesquelles un contrat peut être pris en compte au delà des 12 mois, sous certains conditions.
Cumul des annexes 8 et 10 : oui, c'est possible
Si vous exercez à la fois des fonctions de technicien (régi, son, lumière, régie générale…) et des fonctions d'artiste (musique, jeu, danse…), vous relevez de deux annexes différentes. Bonne nouvelle : les heures des deux annexes se cumulent pour atteindre les 507 heures.
En revanche, sans opposition de votre part, votre indemnisation se fera au titre de l'annexe dans laquelle vous avez le plus d'heures sur la période de référence. Il est donc parfois stratégique d'orienter légèrement son activité vers l'une ou l'autre des annexes pour maximiser le montant de l'ARE.
Les erreurs les plus fréquentes sur le comptage des heures
Erreur n°1 : Compter les heures de répétition non déclarées
Les répétitions qui ne font pas l'objet d'un CDDU et d'une déclaration préalable à l'embauche (DPAE) n'existent pas aux yeux de France Travail, même si vous les avez effectuées. Seules les heures déclarées par l'employeur sont prises en compte.
Erreur n°2 : Oublier la date anniversaire
Vos droits ne se renouvellent pas au 1er janvier, mais à votre date d'anniversaire de droits, la date à laquelle votre ouverture de droits précédente a pris effet. Confondre cette date avec une date calendaire peut vous faire croire que vous avez plus de temps que vous n'en avez réellement. (→ Lire notre article complet sur la date anniversaire intermittent)
Erreur n°3 : Ne pas vérifier les attestations employeur
France Travail base son calcul sur les attestations d'employeur (AEM) transmises par vos employeurs. Or, des erreurs de saisie côté employeur sont régulières : mauvaise date, mauvais nombre d'heures, oubli d'une prestation. Vérifiez systématiquement que les attestations correspondent à vos contrats réels.
Erreur n°4 : Ignorer les heures assimilées
Les arrêts maladie, maternité, paternité ou accidents du travail peuvent être assimilés à des heures de travail dans la limite de certains plafonds. Beaucoup d'intermittents ignorent cette possibilité et se retrouvent en déficit alors qu'ils auraient pu atteindre les 507 heures en faisant valoir ces périodes.
Comment suivre ses heures efficacement ?
Tenir un suivi rigoureux de ses heures est indispensable, mais fastidieux à faire manuellement. Les problèmes classiques : saisie dans un tableur, oubli de contrats anciens, conversions cachets/heures faites à la main, alertes manquées...
iPresta Pro centralise tout ce suivi automatiquement :
- Saisie des contrats (heures ou cachets) → conversion automatique
- Compteur de 507 heures en temps réel, avec barre de progression
- Alerte quand vous approchez de la date anniversaire
- Visualisation de la fenêtre de 12 mois glissante
- Import de l'historique complet de votre carrière
→ Essayer iPresta Pro gratuitement — 14,90 €/an, soit 1,24 €/mois
En résumé : les 5 points à retenir
- 507 heures en 12 mois glissants, pas en année civile
- Seules les heures déclarées par un employeur du spectacle comptent
- Cachets = 12h (annexe 10) par convention
- Les deux annexes se cumulent, mais l'indemnisation suit l'annexe majoritaire
- Vérifiez vos attestations employeur, les erreurs de l'employeur vous coûtent cher
Questions fréquentes sur les 507 heures
Les heures de formation comptent-elles pour les 507 heures ?
Oui, mais sous certaines conditions très précises, qu'iPresta peut gérer pour vous. Les formations en dehors de ce cadre (auto-financement, CPF hors spectacle) ne comptent pas.
Peut-on atteindre les 507 heures avec plusieurs petits employeurs ?
Oui, absolument. Les heures se cumulent quel que soit le nombre d'employeurs, du moment qu'ils relèvent des annexes 8 ou 10. C'est précisément la situation de la grande majorité des intermittents.
Que se passe-t-il si je suis à 490 heures à J-10 de ma date anniversaire ?
Vous avez encore 10 jours pour travailler et déclarer les 17 heures manquantes. iPresta vous alertera de cette situation critique bien en avance si vous avez activé les notifications. Lire : Comment anticiper son renouvellement intermittent.
Les heures d'enseignement artistique comptent-elles ?
Cela dépend du cadre : si l'enseignement est dispensé par un organisme agréé (conservatoire, école de musique relevant de la convention collective), oui. Si vous enseignez en libéral ou en auto-entreprise, non.
J'ai été absent pour maladie pendant 3 mois. Puis-je récupérer ces heures ?
Sous certaines conditions, les périodes de maladie peuvent être assimilées. Vous devez en faire expressément la demande auprès de France Travail en fournissant les justificatifs. iPresta peut vous aider à quantifier exactement les heures manquantes pour préparer ce dossier.
