Guide complet de l’intermittence du spectacle
Introduction
L'intermittence du spectacle est un régime spécifique d’assurance chômage destiné aux professionnels du spectacle vivant, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’événementiel.
Il permet aux artistes et techniciens d’alterner périodes de travail et périodes d’indemnisation entre deux contrats.
Pour bénéficier de ce régime, plusieurs conditions doivent être remplies, notamment le célèbre seuil des 507 heures de travail sur une période de 12 mois.
Ce guide explique clairement :
-
ce qu’est un intermittent du scpectacle
-
comment ouvrir ses droits
-
comment calculer ses heures
-
comment fonctionne l’indemnisation
-
comment renouveler ses droits.
Qu’est-ce qu’un intermittent du spectacle ?
Un intermittent du spectacle est un professionnel qui travaille sous contrats à durée déterminée d’usage (CDDU) dans le secteur du spectacle.
Ces contrats sont généralement courts et ponctuels : tournage, représentation, concert, prestation technique, etc.
Le régime d’assurance chômage des intermittents permet de compenser les périodes sans contrat.
Il repose sur deux catégories principales :
Annexe 8
techniciens et ouvriers du spectacle
Exemples :
- régisseur
-
technicien son
-
technicien lumière
-
monteur vidéo
-
machiniste.
Annexe 10
artistes
Exemples :
-
comédiens
-
musiciens
-
danseurs
-
chanteurs
-
réalisateurs (désormais considérés comme artistes).
Le régime auquel vous êtes rattaché dépend du nombre d’heures réalisées dans chaque catégorie.
Les conditions pour devenir intermittent du spectacle
Pour bénéficier de l’allocation chômage spécifique aux intermittents, plusieurs conditions doivent être réunies.
1. Être inscrit comme demandeur d’emploi
L’inscription auprès de France Travail est obligatoire.
Vous devez également :
-
rechercher activement un emploi
-
être apte à travailler.
2. Justifier de 507 heures de travail
La condition principale est d’avoir réalisé au moins 507 heures de travail.
Ces heures doivent être effectuées sur une période de référence de 12 mois (365 jours).
Cette période est calculée à partir de la dernière fin de contrat de travail.
Exemple :
Fin de contrat :
10 février 2025
Période analysée :
11 février 2024 → 10 février 2025
3. Travailler dans un secteur éligible
L’employeur doit exercer une activité dans les secteurs suivants :
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spectacle vivant
-
cinéma
-
audiovisuel
-
radio
-
télévision
-
production musicale
-
événementiel culturel
-
prestations techniques pour le spectacle.
4. Occuper un métier reconnu
L’emploi exercé doit figurer dans la liste officielle des métiers relevant :
-
de l’annexe 8
-
ou de l’annexe 10.
Comment sont calculées les 507 heures
Les heures prises en compte correspondent aux heures réellement déclarées par les employeurs.
Elles sont transmises à France Travail via :
-
les AEM (attestations employeur mensuelles)
-
les déclarations GUSO.
Les cachets pour les artistes
Pour les artistes, les contrats sont souvent déclarés en cachets.
1 cachet = 12 heures de travail.
Les plafonds mensuels
Il existe un plafond d’heures prises en compte par mois :
Techniciens :
-
208 heures maximum
-
250 heures si plusieurs employeurs
-
jusqu’à 260 heures avec dérogation.
Artistes :
-
maximum 28 cachets par mois.
Les heures assimilées (cas particuliers)
Certaines périodes peuvent être prises en compte même sans travail effectif.
Exemples :
Congé maternité
Les périodes indemnisées sont comptabilisées :
5 heures par jour.
Arrêt maladie
Dans certains cas, les périodes de maladie peuvent être prises en compte.
Accident du travail
Les jours d’arrêt peuvent également être comptabilisés :
5 heures par jour.
Formation professionnelle
Les formations peuvent être comptabilisées dans la limite de :
338 heures maximum.
Enseignement artistique
Les heures d’enseignement peuvent être prises en compte si :
-
l’établissement est agréé
-
l’enseignement est lié au métier exercé.
Limite :
-
70 heures
-
120 heures après 50 ans.
La période d’indemnisation
Une fois les droits ouverts, l’indemnisation dure 12 mois.
La fin de cette période s’appelle la :
date anniversaire
Elle correspond à :
365 jours après la fin de contrat utilisée pour ouvrir les droits.
À cette date :
-
un réexamen des droits est effectué
-
il faut à nouveau justifier 507 heures.
Comment est calculée l’allocation chômage
Le montant de l’allocation dépend de deux éléments :
-
les salaires perçus
-
le nombre d’heures travaillées.
Le calcul est basé sur une formule comprenant trois parties.
Partie A
Basée sur le montant des salaires.
Partie B
Basée sur le nombre d’heures travaillées.
Partie C
Part fixe basée sur l’allocation minimale.
Le montant minimal d’allocation journalière est d’environ :
31,96 € par jour.
Quand commence l’indemnisation
L’indemnisation ne commence pas immédiatement après la fin de contrat.
Plusieurs délais peuvent s’appliquer :
-
délai d’attente
-
différé d’indemnisation
-
traitement administratif.
Une fois ces délais passés, les allocations commencent à être versées.
L’actualisation mensuelle
Pour continuer à percevoir l’allocation, l’intermittent doit effectuer chaque mois son actualisation.
Cette déclaration permet d’indiquer :
-
les contrats réalisés
-
les heures travaillées
-
les revenus perçus.
Cette étape est obligatoire pour déclencher les paiements.
Que se passe-t-il si vous n’atteignez pas 507 heures ?
Si vous ne totalisez pas 507 heures à la date anniversaire, plusieurs situations peuvent se produire.
Recherche d’heures supplémentaires
Dans certains cas, la période de recherche peut être prolongée.
Clause de rattrapage
Un mécanisme peut permettre de retrouver des droits en recherchant des heures sur une période plus large.
Fin d’indemnisation
Si aucune solution n’est trouvée, l’indemnisation prend fin.
Les obligations des intermittents
Pour conserver ses droits, l’intermittent doit :
-
rester inscrit comme demandeur d’emploi
-
rechercher activement du travail
-
déclarer ses activités chaque mois
-
signaler tout changement de situation.
Le maintien des droits jusqu’à la retraite
Dans certaines conditions, l’indemnisation peut être maintenue jusqu’à la retraite.
Conditions principales :
-
avoir au moins 64 ans
-
être en cours d’indemnisation
-
justifier d’un nombre suffisant de trimestres ou d’heures travaillées.
Conclusion
Le régime des intermittents du spectacle est un dispositif unique qui permet aux professionnels du spectacle d’exercer leur métier malgré l’irrégularité des contrats.
Pour en bénéficier, il est essentiel de comprendre :
-
la règle des 507 heures
-
le fonctionnement de la date anniversaire
-
les règles de calcul de l’allocation
-
les obligations administratives.
Une bonne gestion de ses contrats et de ses déclarations est indispensable pour sécuriser sa situation et éviter toute interruption d’indemnisation.
À retenir
Combien d’heures faut-il pour être intermittent ?
Il faut au minimum 507 heures de travail sur 12 mois.
Combien dure l’indemnisation ?
Les droits sont ouverts pour une durée de 12 mois.
1 cachet correspond à combien d’heures ?
Un cachet correspond à 12 heures de travail.
Peut-on perdre sa qualité d’intermittent ?
Oui, si les 507 heures ne sont pas atteintes lors du réexamen des droits.
